Comment choisir le bon emplacement en photo de sport ?

(C) Olivier Comment
Nous sommes très heureux de compter parmi nos membres quelques photographes de très bon niveau et parmi eux Olivier Comment qui a fait de la photo de sport et de la photo animalière sa spécialité.
Afin de lever le voile sur ces pratiques photographiques bien particulières, Olivier a bien voulu se prêter à l’exercice qui consiste à présenter ses méthodes de travail et les images qui en résultent. Aussi, dans ce premier tutoriel, il nous indique comment il choisit son emplacement lorsqu’il prépare une séance de shooting sportive ou animalière, tout en sachant que ces deux domaines ont leurs particularités et que l’on ne se placera pas de la même façon pour photographier un avion de chasse que la petite dernière par un jour ensoleillé au fond du jardin !
Ce tutoriel est composé de deux parties : le travail en amont (avant le jour J) et le travail sur le terrain (le jour J).
Le travail en amont
Nous pourrions imaginer que cette première étape n’est pas si importante que cela. Or c’est tout le contraire et les premières analyses doivent permettre de faciliter grandement la problématique du jour J en évitant les mauvaises surprises. En effet, ces premières recherches doivent notamment permettre d’étudier le terrain et les conditions naturelles pour avoir une vision claire des réglages à adopter sur son boîtier, des pièges à éviter, des spots à privilégier, etc.
Il faut donc commencer à rechercher des informations précises sur Internet par exemple à l’aide de mots clés : « technique photo rallye » ou « photographier le sport » ou « réglage photo + sport ». Ces critères de recherche ne sont pas exhaustifs et vous permettront de compiler une quantité importante d’informations utiles pour la suite. Faites-en donc un joli dossier qui pourra d’ailleurs resservir lors d’une prochaine séance.
Parmi les constantes en matière de photo de sport, il y a quelques situations types que vous pouvez adopter systématiquement : prévoir par exemple de photographier en début de course plutôt qu’à la fin car les machines seront plus propres et les sportifs plus affûtés qu’en fin de course. Il n’en demeure pas moins intéressant de varier et d’essayer de compléter son reportage avec des images au « début – pendant – à la fin ».
Le travail de recherche en amont permet, par exemple, de trouver et de choisir un spot qui sera en adéquation avec le sujet : en fonction du lieu dans lequel vous vous trouvez, différents choix s’offrent à vous et il faut prendre les bonnes décisions très vite. Toutes ces informations sont souvent accessibles via internet et doivent vous donner une vision globale de votre séance à venir.

Le travail sur le terrain
On considère la première partie du travail terminée et convenablement réalisée.
Il convient maintenant de mettre en pratique tout ce que vous avez relevé et noté et d’intégrer les conditions du jour si vous n’avez pu le faire précédemment (il se met à pleuvoir, il neige, il y a foule, la place prévue n’est pas dispo, etc.).
L’élément essentiel à mon sens concerne la lumière et plus particulièrement la direction des rayons du soleil. Inutile de courir autour d’un circuit pour finalement travailler à contre-jour toute la journée, autant tourner dans le bon sens tout de suite !
La lumière est le premier élément à examiner, elle déterminera vos possibilités quant aux positionnements envisageables. Ceux-ci varieront au fur et à mesure de la journée (la Terre tourne !).
Il vous faut aussi imaginer l’action en temps réel et les cadrages possibles : paysage, portrait ou les deux. Cette étape est la plus importante. Elle permet d’identifier, au travers de l’image, les éléments parasites. Parmi ceux-ci, les arrières plans disgracieux : le parasol du sponsor (sauf si c’est une commande de ce sponsor là !), la chaise de camping, l’ambulance parquée, la banderole publicitaire, un éventuel bâtiment, etc. Dans certains cas, il suffit parfois de varier sa position de quelques mètres ou de choisir un cadrage différent pour se débarrasser des éléments dérangeants. La position à genoux contrairement à la position debout permet parfois d’éviter ces petits problèmes. Si néanmoins ils persistent, il sera nécessaire de trouver un emplacement plus approprié, toujours en tenant compte du positionnement du soleil.
Autre point d’importance, selon votre technicité, le travail des contrastes : sujet photographié et arrière-plan de votre image doivent s’accorder au mieux pour donner des images pertinentes qui mettent bien en valeur le sujet principal.
Les photos ci-dessous sont extraites d’une série sur le karting et illustrent ces principes : la première photo avec les camping-car et les véhicules en arrière plan et la seconde photo avec un fond neutre donnant de la substance à l’image et permettant de renforcer l’action sur le sujet. Notez que les pneus (de sécurité, au fond) permettent de faire un rappel couleur avec le casque du pilote.


La deuxième série de photos présentée ci-dessous est extraite d’une séance de shooting d’avions de chasse lors d’un meeting Axalp Air suisse (voir le site Axalp Air pour découvrir la série complète).
Ces deux photos sont prises à quelques secondes d’intervalles. La première est plutôt ton sur ton (gris de l’avion avec gris de la montagne) alors que la seconde donne plus de dimension avec la montagne qui donne un repère dans l’image et permet de situer le FA-18 Hornet dans l’image et dans l’action.


Ce ne sont que deux exemples, mais bien d’autres pourraient illustrer cette problématique et toute l’importance de bien choisir son emplacement. Vous trouverez plus d’illustrations sur mon site.
Conclusions
En conclusion, une bonne préparation demeure essentielle pour éviter les pièges. Néanmoins, il est parfois difficile, malgré toute la bonne volonté du monde, de mettre systématiquement en pratique les aspects présentés ici. Par contre, dans la mesure où ces réflexions sont systématiquement intégrées dans votre approche, il est certain qu’elles vous permettront d’améliorer vos images en évitant, par exemple, les plus grossières erreurs !
Bonnes photos
Retrouvez les séries « photo sportive » et « photo animalière » sur le site d’Olivier Comment.
Photos (C) Olivier Comment
Les articles suivants peuvent aussi vous intéresser:
- Comment choisir la taille et le poids des photos exportées avec Adobe Lightroom
- Comment faire un effet de filé en photo ? Tutoriel photo
- Les révélateurs et la dilution, comment choisir ?
- Comment convertir une photo couleur en noir et blanc avec Nikon Capture NX2
- Comment redimensionner des photos par lot avec Photoshop
- Comment gérer les profils ICC avec Photoshop et Lightroom
10 Commentaires
Trackbacks
- Comment choisir le bon emplacement en photo de sport ? | Actualité photo, expositions, photographes, livres, concours photo et forum numérique argentique Nikon Passion « PHOTOS NEWS
- Les liens du 03.01.10 au 09.01.10









![AACM at the Velvet Lounge [9603]](http://farm5.static.flickr.com/4017/4429490926_fc548c67ea_s.jpg)










Parfait ça. Je vois que le fait de produire des articles sur ton nouveau site te permets de « t’exporter » sur le forum.
En attendant d’autres articles bien sûr
Voila toute une série de bons conseils. Je me permets d’ajouter un petit commentaire concernant les sports terrestres :
Concernant la position à genoux, voire même assis, comme on a un autre angle de vue, cela permet parfois de donner l’impression que le sujet est plus imposant qu’il ne l’est réllement (utile pour ceux qui veulent photographier les activités sportives de leurs enfants).
Pour les sports ou les participants portent une casquette, un casque, cela permet généralement d’avoir une vue dégagée sur le regard.
Une autre façon de gommer des arrière plans disgracieux c’est de prendre de la hauteur (un toit, un talus, …)
Merci pour ces premiers retours. L’idée étant, dans une certaine mesure, de créer de nouveaux articles plus ou moins axés sur des sports précis.
Bonjour,
L’article m’a beaucoup plus ! la plupart des conseils sont simples mais on n’y pense pas. Notamment sur l’importance de la préparation. Il y a juste une phrase concernant la photo du kart que je n’ai pas compris : « Notez que les pneus permettent de faire un rappel couleur avec le casque du pilote. ». Est-ce que quelqu’un peux me détailler le principe appliqué ?
Merci encore pour l’article.
Dk
Comme dk58, l’article m’a beaucoup plus…
Mais dans la préparation tu ne parles pas de demande d’accréditations… un petite chose bien pratique, qui permet d’éviter bien des problèmes et qui doit être fait bien à l’avance…
Et alors « sur le terrain », toujours prévoir d’être là à l’avance (pour contré les imprévus, et dans les prépas, choisir plusieurs zone de shooting de secoure pour le cas ou), et d’avoir sur soit les horaires de la journée (et la liste des engagés).
à part ça c’est très complet ^^
Réponse à DK58 : le casque du pilote est jaune et les pneus de sécurité en arrière plan sont jaune = rappel des couleurs
Réponse à LDN83 : pas d’accréditation pour ces deux exemples. Pas forcément nécessaire non plus d’avoir une accréditation pour se mettre au bord d’une piste de motocross par exemple, mais parfois, je le conçois, c’est nécessaire.
J’ai modifié pour que ce soit plus clair
Pour l’accréditation, je dois avouer que moi non plus je n’utilise pas toujours… mais ça peu avoir de l’importance et ça modifie le contact avec les commissaires de pistes (si sur circuit)… au + la zone est dangereuse au plus tu es contrôlé (et risque donc d’être jeté).
Enfaite si tu as un accident dans une zone non autorisée (de l’autre côté des barrières) et sans accréditation, ça retombe sur les commissaires de piste (qui sont responsable de la sécurité sur leur zone de postes), et/ou sur l’organisation. Quand tu as une accred. c’est à tes risques et périls, donc tu as une plus grand liberté (c’est pas pour autant qu’il faut jouer avec le feux)…
Donc ça a au finale plus d’avantage que d’inconvénient… sans parler des navettes pour te déposer (si tu es sur circuit), mais c’est sur qu’en motocross ou en rallye ça sert bcp moins