Foire photo de Bièvres, c’était ce weekend !
7 juin 2005
Bièvres 2005 est mort, vive Bièvres 2006 !
Comme ces dernières années, je me suis rendu Dimanche à Bièvres pour la plus grande foire photo européenne de l’année. Une bien belle journée, le temps étant également au rendez-vous (vu les trombes d’eau de Samedi, c’était plutôt sympa).
Bièvres, c’est toujours aussi fabuleux. Tout d’abord une organisation hyper rôdée, un parking toujours aussi gigantesque et une desserte par navettes très agréable. Pas de soucis de parking, par les temps qui courent c’est un bon point.
Ensuite un tour de foire. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de s’y rendre une fois dans leur vie, la foire est divisée en deux, un secteur ‘marché photo’ où se retrouvent tous les amateurs et professionnels du monde entier avec cette année encore de nombreux stands allemands et des pays de l’est. Le deuxième secteur dit ‘marché de l’image’ est lui réservé aux photographes et clubs.
J’ai passé beaucoup de temps cette année à parcourir les différents stands du marché de l’occasion, la brocante photo. Quelques conclusions bien personnelles s’imposent.
Tout d’abord, l’argentique est loin d’être enterré. Même si les boîtiers numériques font leur apparition sur les tables, ils restent en minorité et je n’ai pas vu grand monde s’en préoccuper (existe-t-il d’ailleurs vraiment un marché de l’occasion pour le numérique, le débat est ouvert).
Ensuite, les tarifs. Le beau matériel a toujours sa place et les tarifs de certains boîtiers restent soutenus mais dans l’ensemble il est vrai que, même si les tarifs de Bièvres sont supérieurs à ce que l’on peut trouver sur Internet et les sites d’enchères, les prix commencent à devenir intéressants pour qui veut s’équiper en argentique (mais si, il en reste des fanas de la pellicule !).
Chez Nikon, le F5 tient le haut du pavé dans le monde des autofocus se négociant aux alentours de 850 à 900 euros. Le F90x est lui par contre en chûte libre face au F100 qui résiste encore un peu. J’ai vu des disparités énormes sur le 90x, de 200 à 550 euros. Le prix moyen tourne aux alentours de 350 pour un boîtier en état apparent satisfaisant. Le F100 fait environ 150 euros de mieux, un peu plus en état neuf.
Dans les autres gammes, FM2 et F3 sont toujours en tête suivis désormais par le F4 et ses différentes déclinaisons qui se trouve aux alentours de 400 euros. Une affaire si l’on considère les capacités de l’engin et sa robustesse. Curieusement le FA et le FM sont peu présents, le premier conserve son étiquette de techno-appareil et n’ai pas très prisé, le second s’efface derrière son grand frère le FM2.
Bonne nouvelle par contre, quelques séries S montraient leur joli profil, en particulier sur le stand de Patrick Rouillard, dans un état de conservation exceptionnel eu égard à l’âge honorable de ces boîtiers (une bonne cinquantaine d’années). Nikon F, F2 et Nikkormat font désormais parti du monde de la collection et leurs tarifs s’envolent. Si vous souhaitez commencer une collection, il est plus que temps. Un F en très bon état se négocie aux alentours de 400 à 600 euros en fonction des versions. Je ne parle même pas des premières versions avec prisme en toit qui deviennent inabordables. J’ai d’ailleurs vu un tel prisme, vendu seul pour 390 euros ! Un record quand on sait qu’il se trouve à moins de 200 dollars aux Etats-Unis. Les Nikkormat, toutes versions confondues, se stabilisent entre 150 et 250 euros en fonction de l’état du boîtier et des accessoires fournis.
Du côté des objectifs, la donne est différente. Les optiques AI et AI-s tiennent encore bien la route et d’ailleurs modifiées en AI-P tel que le décrit Patrick Rouillard sur son site, ces optiques retrouvent tout leur intérêt sur les derniers boîtiers y compris les D70 et autres D2x. Quant aux autofocus, séries AF - AFD et AFS, les tarifs sont moins élevés que le neuf mais certaines optiques décotent peu. A surveiller donc en fonction de vos envies.
Les Nikkor DX font leur apparition sur la foire, plus souvent en neuf qu’en occasion et j’ai d’ailleurs pu voir un 12-24 DX vendu 850 euros neuf en boîte sur le stand d’un marchand néerlandais quand on sait qu’il se négocie 1200 euros en boutique à Paris. Une véritable affaire, les trois exemplaires ne sont pas restés bien longtemps sur le stand !
Bien évidemment, pas que du Nikon à Bièvres, et beaucoup de matériels d’autres marques. Il me semble quand même que Nikon et Canon surpassent les autres. C’est vrai en neuf, ça le reste en occasion. Les Minolta et autres Olympus ou Pentax deviennent minoritaires d’années en années et c’est bien dommage. Un SRT incassable pour quelques dizaines d’euros, ça rend bien des services et un OM et l’histoire qui va avec c’est plutôt sympa aussi. N’oublions pas ces boîtiers qui vont avoir du mal à rester attirants face à la déferlante du numérique qui a causé la disparition (ou va le faire) de plusieurs marques historiques.
Chez nos amis allemands, Leica est fort heureusement toujours là malgré les soucis que rencontre la marque. Espérons que là-aussi les utilisateurs et aficionados de la marque vont se mobiliser pour lui laisser la chance de survivre et que les actionnaires oublieront un peu leur portefeuille pour tenter de sauver un mythe.
Bièvres, c’est aussi le moyen-format, les chambres, les accessoires pour le labo, le studio et des pièces de collection comme ces caisses de pellicules des années 50 et 60 qui n’attendaient qu’un collectionneur pour retrouver une seconde jeunesse.
Dans l’ensemble j’ai trouvé cette édition intéressante, peut-être un peu moins dense en nombre de stands et de visiteurs (à vérifier avec les chiffres officiels) mais qui se plaindrait de pouvoir circuler dans les allées ?
Grande nouveauté par contre, la présence des éditeurs de logiciels sur le marché ‘matériel’ avec un stand de démonstration de Photoshop CS2 et quelques imprimantes Epson dernier cri. Que dire du Monsieur se rendant compte en discutant avec le vendeur que l’imprimante qu’il avait acheté deux mois avant était surpassée par le nouveau modèle exposé sous ses yeux ? Il n’avait pas l’air franchement heureux mais c’est une des joies du numérique, non ?
Quant au marché de l’image, comme les autres années rien que du très bon. Photographes indépendants comme clubs et associations présentaient de bien belles photos, qu’elles soient en noir et blanc, en couleur, sorties du labo ou d’une imprimante. J’avoue avoir été séduit par de belles photos d’insectes en macro, moi qui ne suit pas particulièrement amateur de cette technique ainsi que par les (toujours) beaux tirages barytés noir et blanc de certains auteurs. Intégration cette année des stands ‘images anciennes et de collection’ dans les allées photographes, c’est sympa de voir que ces vieux tirages retrouvent le devant de la scène. Le marché là-aussi est en pleine expansion, la côte des tirages anciens remontant un peu plus tous les mois pour le plus grand bonheur des amateurs (mais pas des acheteurs !!!).
Pour en revenir à Nikon (oui, quand même un peu …), j’ai eu l’occasion de rencontrer Patrick Rouillard qui mettait en vente des pièces superbes, dans un état de fraîcheur et de présentation qui le caractérise et la vue des ces vieux Nikon F, S et F2 est un ravissement (bon enfin pour moi, d’accord).
Egalement présent sur la foire, Christophe Sap venu de Belgique donner un coup de main à son ami marchand hollandais. Une discussion fort agréable avec Christophe et une (très) grosse surprise en prévision pour la prochaine convention NHS (Nikon Historical Society) qui se tiendra l’an prochain. Je ne vous en dit pas plus, c’est encore un scoop dans le monde des collectionneurs Nikon et l’histoire vaut son pesant d’or …
Voilà, en résumé une excellent journée en ce qui me concerne dans un univers que j’adore. Plein de belles choses en tête, des envies bien sûr (c’est là l’inconvénient de ce type de foire !!!) et surtout une manifestation qui a le mérite de perdurer en ces temps difficiles pour le marché de la photo.
Souhaitons donc longue vie à la foire de Bièvres et rendez-vous pour l’édition 2006 ?





























Super compte-rendu ! On a l’impression d’y être allé…
Commentaire par Jeremy — 8 juin 2005 @ 15:19Oui merci pour ce compte rendu qui nous donne d’autant plus l’envie d’y aller l’année prochaine !
Commentaire par Franck — 8 juin 2005 @ 22:03Et pourquoi pas un stand Nikon Passion sur Bièvres 2006 ? Des volontaires ?
Commentaire par Jean-Christophe — 8 juin 2005 @ 22:35Un stand Nikon Passion ? Pourquoi pas ?
Commentaire par Franck — 9 juin 2005 @ 10:10C’est une idée à creuser et surtout à construire (quel en sera le but, l’organisation, son rôle…).
Un article très intéressant comme d’habitude ! Il donne très envie d’aller à Bièvre !
Commentaire par v2b — 4 juillet 2005 @ 20:08